Après In the Mood for Love, Wong Kar-Wai nous livre ici une oeuvre que les puristes disent en deçà de ses possibilités. Mais ceux là n'ont rien compris.... ou n'ont pas voulu comprendre.Il y a donc ceux qui ressortiront déçu de leur séance, mais parallèlement il y aura ceux qui auront l'impression d'avoir assisté à un moment de vie, qui ressortiront avec un mélange de sentiments inexpiables, mais peut être aussi tout simplement grandis.
On retrouve ainsi Norah Jones dans son premier rôle, c'est un film qui bien sur doit être vu en VO car c'est bien sa voix si particulière qui fait le charme du personnage. Les dialogues sont tellement justes et sans fioritures inappropriées qu'il est facile de comprendre.
C'est un film qui s'écoute, se regarde, se contemple, qui remue, qui raconte, qui évolue....
Il a raison, ce n'est pas à lui de les jeter, mais bien à leur propriétaire de décider quand c'est leur fin...
Elle ne se reconnaît plus, lessivée, dépitée... elle décide donc de partir, d'aller de petit boulot en petit boulot pour renaître de ces cendres. Voyage initiatique diront certains... chacun face à cette histoire qu'il est invité à vivre grâce à une simplicité dans la façon dont les choses sont filmé, le vivra différemment, accordant plus ou moins d'importance à telle ou telle rencontre qu'elle fera. Rencontres qui lui montreront des choses, bien plus fortes, qu'elle n'a pas.
Mais au final c'est un peu la vie de chacun qui se déroule devant nous, on a tous vécu à un moment donné ou à un autre une rupture et le parcours qui s'ensuit, pas besoin nécessairement de sillonner la Californie pour reprendre le cours des choses, mais ça revient un peu au même finalement.
On revient toujours au point de départ mais en voyant les choses sous un angle nouveau.
Ce film ne se raconte pas, il se vie avec la sensibilité de chacun. C'est loin d'être une surproduction puisqu'il a été tourné en à peine 7 semaines, mais ça lui donne un coté moins artificiel. Quant à ceux qui s'attendraient à de grandes scènes sur la trahisons, ou la retrouvaille amoureuse, passez votre chemin.






Arrive sur scène 3 talentueux musiciens formant le trio Esbjörn Svensson. Ils sont déjà venu par le passé fouler là scène de ce festival réputé, mais c'est encore une nouvelle page qu'ils tournent cette année.Il y a des rencontres qui changent une vie, la rencontre de ces trois là en est un exemple. Tout 3 bons musiciens, c'est ensemble que leurs talents se révèlent. Timidement ils ont poussé le jazz à s'enrichir d'autres influences, les notes et les rythmes jaillissent, toujours en recherche de nouvelles idées, nouvelles sonorités, nouvelles sensations, toujours pour s'approprier le style, pour transcender la musique... faire vivre ce qui les réunit. Ils ont mis du temps à se trouver, à poser tout cela, mais là encore il invente un nouveau monde: le leur. Tantôt très épuré, les notes fusent, s'envolent... et l'on s'en délecte.
Ces trois là ne sont plus à présenter. Et leur interprétations de trois morceaux en solo ne laisse qu'éclater leur talent. Il ne fait pas de doute sur la grandeur de ces musiciens, ils se retrouvent donc pour la troisième fois seulement autour d'un projet. L'aisance avec laquelle ils posent leur jeu surprend agréablement, on se plaît à écouter cette fluidité, à se demander finalement pourquoi ils ne sont pas réunit plus souvent. Parfois dérouté par le discours musical soutenu qui se livre à nous, mais on ne peut pas rester insensible à la complicité qui lie ces hommes là et finalement c'est encore la plus belle des choses. Les regards se croisent, les instruments parlent d'eux même tel le prolongement de leur exécutant. ça se passe finalement de commentaires...




