jeudi, décembre 20, 2007

My Blueberry Nights

Après In the Mood for Love, Wong Kar-Wai nous livre ici une oeuvre que les puristes disent en deçà de ses possibilités. Mais ceux là n'ont rien compris.... ou n'ont pas voulu comprendre.
Il y a donc ceux qui ressortiront déçu de leur séance, mais parallèlement il y aura ceux qui auront l'impression d'avoir assisté à un moment de vie, qui ressortiront avec un mélange de sentiments inexpiables, mais peut être aussi tout simplement grandis.
On retrouve ainsi Norah Jones dans son premier rôle, c'est un film qui bien sur doit être vu en VO car c'est bien sa voix si particulière qui fait le charme du personnage. Les dialogues sont tellement justes et sans fioritures inappropriées qu'il est facile de comprendre.
C'est un film qui s'écoute, se regarde, se contemple, qui remue, qui raconte, qui évolue....


L'histoire? apparemment banale. une jeune femme débarque dans un café, un ptit coin sympa que l'on pourrait s'attendre à trouver à n'importe quel coin de rue. Elle vient rendre les clés à son ex qui est venu y manger avec sa nouvelle petite amie en les remettant au patron. Et elle revient tout les jours pour voir s'il est venu les chercher. Et tout les jours c'est la même réponse, elle se rend alors compte du nombre de clés qui s'amassent dans le bocal en verre du comptoir. Quelle est leur histoire à toutes? Pourquoi Jeremy (le patron), ne les jette t il pas?
Il a raison, ce n'est pas à lui de les jeter, mais bien à leur propriétaire de décider quand c'est leur fin...
Elle ne se reconnaît plus, lessivée, dépitée... elle décide donc de partir, d'aller de petit boulot en petit boulot pour renaître de ces cendres. Voyage initiatique diront certains... chacun face à cette histoire qu'il est invité à vivre grâce à une simplicité dans la façon dont les choses sont filmé, le vivra différemment, accordant plus ou moins d'importance à telle ou telle rencontre qu'elle fera. Rencontres qui lui montreront des choses, bien plus fortes, qu'elle n'a pas.
Mais au final c'est un peu la vie de chacun qui se déroule devant nous, on a tous vécu à un moment donné ou à un autre une rupture et le parcours qui s'ensuit, pas besoin nécessairement de sillonner la Californie pour reprendre le cours des choses, mais ça revient un peu au même finalement.
On revient toujours au point de départ mais en voyant les choses sous un angle nouveau.



Ce film ne se raconte pas, il se vie avec la sensibilité de chacun. C'est loin d'être une surproduction puisqu'il a été tourné en à peine 7 semaines, mais ça lui donne un coté moins artificiel. Quant à ceux qui s'attendraient à de grandes scènes sur la trahisons, ou la retrouvaille amoureuse, passez votre chemin.









Ici tout est subtil, impalpable mais marquant. Chacun y voit ce qu'il a envie de voir et de comprendre, à condition d'oser se livrer à soi même....

jeudi, décembre 06, 2007

Composer

La composition c'est un peu comme l'écriture me direz-vous. Mais est-ce bien le cas?
Alors qu'écrire demande d'avoir en premier lieu quelque chose à raconter et d'avoir les moyens de l'exprimer, composer est bien différent. Il ne s'agit pas de formuler simplement avec un langage et des outils ce qu'on pense. Pourtant l'analogie parait frappante... mais à mon sens il en va différemment.



Comment formuler une idée, une envie, un sujet en musique? Part-on vraiment de quelque chose à exprimer ou faut-il laisser une divagation s'installer avec notre instrument et ensuite faire le trie? C'est un mécanisme bien différent.
Les notes sont peu nombreuses comparées aux mots mais comment les allier pour en faire un tout cohérent, qu'est-ce qui justifie qu'une série de notes soit affublée du titre de thème et une autre non?




Composer... un bien grand acte. Trouve-t-on un thème par chance? par vocation? par inventivité? qu'est-ce qui fait qu'un thème naît? comment arrive-t-il à se poser? d'où partir? etc...
Autant de questions qui se bousculent, sans vraiment trouver de réponses. Tout musiciens peut-il composer? en a-t-il les capacités et le talents? qu'est-ce qui fait la différence?




Pourquoi finalement ne nous apprend-on pas les rudiments de cet art? finalement le solfège cet outil qui équivaudrait à l'étude du français devrait peut être aussi expliquer tout cela, ou du moins donner les clés de bases.
En tant qu'amateur on se trouve dépassé devant la composition, on ne sait pas par où commencer. Ce n'est pas qu'on a rien à dire, au contraire je pense que tout le monde à des choses à dire par le biais musical, et même je pense que certains sont plus doués naturellement pour élaborer un thème qu'une improvisation.




Une improvisation est plus volubile qu'un thème, elle va et vient, au grès des envies du moments, elle rebondit entre les musiciens, elle s'échappe du tempo ou se joue de lui. Un thème, lui, bien au contraire cadre et met en place les fondamentaux de la grille d'accompagnement. Un thème se répète, se décline sur un motif rythmique ou d'accords.
Alors que l'improvisation se permet de butiner parfois même en dehors des harmonies, le thème se joue bien de tout ça, il utilise parfois même très peu de notes, juste celles qu'il faut dirait-on!
Mais l'improvisation se base sur ce qui existe déjà : un tempo, une grille, une tonalité.... un thème lui crée tout ça!




Finalement l'écriture semble couler comparé à l'élaboration d'un thème mais peut être que par la suite ça devient aussi simple. Ce n'est peut être que finalement ce qu'on pourrait appeler le syndrome de la portée blanche....

lundi, décembre 03, 2007

Pays Basque en quelques clichés...






Pulcinella



Pulcinella est un quartet qui fait parti des OSNI (Objet Sonore Non Identifiable). Certes on reconnaît bien les instruments fondamentaux la batterie, l'accordéon, les sax, la flûte traversière, le métallophone, la contrebasse... mais s'ajoute à cela les percussions diverses et variées, les flûtes en tout genre. Ce n'est pourtant pas en ça que réside leur originalité. Ce qui en fait quelque chose d'unique provient s'en doute des horizons musicaux divers et c'est esprit de scène vivante qui les anime.
Ils sont inclassables : tantôt on décèle une pointe de Gershwin, tantôt on sent le phrasé huilé du jazz pointer son nez, mais parfois on se croisait dans un bal musette aux airs de valse et autre tango, sans oublier le soupçon de musique indienne ou afro cubaine...
Enfin vous l'aurez compris, ces drôles de musiciens changeant ne laissent pas une seconde l'oreille au repos. Tout change à une vitesse vertigineuse, les doigts virevoltent sur les instruments avec une dextérité insoupçonnée. Parfois même ces sons heurtent nos tympans, un peu violemment pourrait on dire, mais tout évolue tellement vite que dans les secondes qui suivent autre chose est venu remplacer ce qui nous dérangeait.






Mais ces gus là sont aussi présent sur scène pour créer au grès des envies. Tel la gestuelle souvent employée de nos jours pour initier dans l'instant quelque chose sous l'oeil amusé du spectateur essayant de déterminer la signification de tout ces drôles de signes.




Sous la tension on voit au fur et à mesure du concert percer la complicité qui les unis. Ici même si on pourrait prendre Ferdinand pour un leader, il n'y a pas de chef, chacun met son savoir au service des autres, sachant s'effacer parfois pour mettre en valeur une originalité individuelle, quitte à se dissimuler derrière une contrebasse...
Sans cesse changeant d'instruments, sortant des sonorités tantôt douces et harmonieuses tantôt vigoureuses, presque violentes.





Les créations de Pulcinella ne sont peut être pas toutes audibles ou touchantes, mais il faut bien du temps pour pauser les sons. Tel notre Polichinelle français ils se transforment sans cesse, explorant les limites, les mélanges, toujours en mouvement, comme si l'immobilité leur faisait peur. Jazz délocalisé scandent ils, peut être, peut être pas. A la fois non identifiable et pourtant une certaine griffe en ressort.





Déjà par deux fois récompensé depuis leur récente création (2003), voici un groupe qu'on aime ou qu'on déteste mais qui a le mérite de croire en ce qu'il fait et de se donner à fond. Et même si l'on adhère pas on est bien forcé de reconnaître que techniquement ils sont doués.
Musiciens accessibles, toujours avides d'avis en tout genre, n'hésitez pas à leur dédicacer leur pulcinellivre par une esquisse, des commentaires ou juste un mot.





A découvrir pour les oreilles curieuses....