lundi, mai 26, 2008

Rencontre avec....

Jean Michel Goury & Yves Josset



Ces deux là font la paire. Complicité phénoménale, pas l'un pour rattraper l'autre dans le domaine humoristique! C'est en toute simplicité que nous les avons retrouvés autour d'un repas avant leur concert en hommage à la musique Russe et notre compositeur Léonid Nirman.
Pas de barrières entre nous les amateurs et eux les professionnels, très vite une relation est née, nous avide d'apprendre, et eux curieux de nous connaître. Ils ont toujours eu un mots gentil pour nous valoriser dans notre travail sans jamais nous mettre mal à l'aise en comparaison de niveau.
Nous avons partagé la loge sans prétention, chacun y trouvant sa place pour son instrument. Ils nous ont félicité à l'entracte, avec le sourire.



Quant est venu leur tour, nous sommes resté bouche bée. JM Goury avec une oration fluide a donné corps aux différents compositeurs russes qu'il avait choisit d'interpréter ce soir là. Et les intermèdes que Leonid avaient composés à leur intention était des petits bijoux, liant de façon extraordinaires les pièces entres elles. Il a eu alors des mots infiniment touchant sur les compositeurs. Pour lui ils sont "une espère rare et fragile, en voie de disparition qu'il faut protéger". Hommage touchant, parlant de sa rencontre avec Leonid, lui que la maladie à frappé sans pitié. C'est vrai les compositeurs sont comme il l'a développé, des gens brillants, qui auraient pu faire beaucoup de choses et qui finissent pas simplement vivres avec leurs émotions, leur sensibilité et qu'ils expriment à travers leur talent de musicien.
Chaque rencontre avec un compositeur est unique, on voit toute la fébrilité qu'il a mis dans son oeuvre, c'est un peu une part de lui qu'il révèle, mettant à nu son flux d'émotions à l'état le plus pur. Éternels insatisfaits de ce qu'ils font, avides de rencontres, de connaissances, visualisant leur musique au delà de sa simple sonorité.
Leonid les as conquis, l'hommage était beau.



Deux artistes de grandes valeurs pour un concert remarquable, de la musique comme on entend peu, qui prend vie devant nous. C'est l'émotion qui prédomine sur la technique et on se prend à vibrer avec eux. Complicité maximale dans leur jeux.



La master classe du lendemain avec Jean Michel, s'est déroulée tout naturellement sur le même crédo. Il n'était pas là pour juger quoi que ce soit, ne sortant même pas son instrument pour écraser personne, il s'est contenté de partir de ce qui existait et de faire prendre conscience de ce qu'il manquait sans jamais l'imposer. Chacun devait faire son chemin pour y arriver.
C'est avant tout un travail de son et d'émotion bien plus que de technique.
L'impro libre à tout simplement trouvée sa place. Jeu de sonorité entre deux instruments sans concertation préalable. Le premier guide, le second, se superpose et le suit, parfois les idées fusent contradictoires, se heurtent pour mieux repartir de plus belle en harmonie. L'écoute est à son comble, il n'est pas question de notes, de rythmes, de cadence... mais du message qui passe, de comment on va jouer la note, de ce qu'on veut lui ajouter. Et la magie opère.
On retrouve bien là la lignée de Denis Badault...



C'est finalement une leçon presque de vie qui s'est passé, nous exhortant à vivre avec notre instrument, à le laisser sorti pour mieux lui accorder du temps même si ce n'est que 5min en passant. Il faut le voir tous les jours, avoir envie de le prendre, de la toucher, de ne faire plus qu'un avec lui...
Et des fois même si le son n'est pas là ce dire que demain sera mieux. Et penser son son, ce n'est pas jouer pour la prouesse technique mais bien vouloir transmettre un peu de soi...



Leur passage par chez nous c'est achevé par un concert dans le fief de notre compositeur, dans une petite église aux briques rouges... l'ambiance était posée, à fleur de peau, le fils de Leonid lui a fait une surprise en jouant pour lui les larmes aux yeux. Et c'est tout naturellement que Jean Michel et Yves ont invité Leonid à se joindre à eux. Même s'il a refusé au début, c'est rattrapé par la musique qu'il s'est dirigé vers le piano. L'appel a été plus fort que la peur, il les a rejoint pour un trio endiablé : piano à 4 mains et un saxophone ... souvenir magnifique.



Et c'est là que la rencontre s'achève, eux sont repartis dans le nord, nous nous prenons soin de notre compositeur à nous. Et nous somme fiers de lui avoir fait cette hommage, c'est un homme extraordinaire....

Mais qui est-il?

Curieux de Marciac, nombreux sont ceux qui l'ont aperçu déambulant dans tous les coins et recoins du festivals.
Il y a ceux qui connaissent son oeil acéré, celui qui saisi les moments sur le vif, à la recherche permanente de l'image. Il y a ceux qui lui ont déjà parlé en lui donnant les informations qu'il leur demandait mais sans en apprendre sur lui. Et enfin il y a ceux qui savent sur lui que ce qu'il a bien voulu dévoiler pour engager la discussion...



Mais qui est-il vraiment?
Une plume aiguisée obligée de se modérer dans ces écrits pour être en adéquation avec "la caste" comme il les appelle? Un appareil argentique à la pellicule ultra sensible prête à figer la magie de la vie? Un peu des deux? Un peu d'autre chose?



Ce qui est sur c'est qu'il a ses avis, ses errances, ses doutes parfois même, ses questions auxquelles il cherche des réponses, ses manières pour arriver à ses fins, un brin calculateur, mais qui justement ne cherche pas forcément à se faire calculer. Homme de l'ombre et de la lumière. Jamais totalement dévoilé, jouant de ces facettes pour donner juste le nécessaire.
Insaisissable par nature, il se contorsionne sans cesse.



Mais ça ne marche pas à tout les coups ;o) Je n'ai pas la prétention de le connaître, mais du moins d'en saisir certaines nuances. Qui sait peut être un jour, toutes ces nuances prendront elles forment...

dimanche, mai 11, 2008

Trattoria Modigliani



Voilà un ptit restaurant qui mérite de se faire connaître.




Ouvert depuis septembre 2007, ce ptit coin d'Italie redonne vie à la place Marnac de Ramonville. Une vingtaine de couvert en bas, une mezzanine pouvant être réservée pour 8/10 pers, un ptit restaurant convivial où il fait bon vivre et rester...

En décoration les oeuvres de Modigliani bien sur, célèbre toiles colorées, sur des murs imitant les effets de couleur de la peinture à la chaux, dans des tons chauds. Des tables design en bois noir, sur lesquelles des tissus au reflet chatoyant donnent un air de fête. Fauteuils colossaux noir eux aussi, vaisselle blanche et moderne, gressins toujours prêt à l'emploi....

La cuisine n'est pas fermée, donnant directement sur la pièce et donnant la possibilité aux convives de partager un peu la confection des plats.



Ici règle d'or : que des bons produits! Légumes frais du marchés, de saison, vins italien, pain aux diverses saveurs, pâtes fraîches.... tout est là pour le plaisir des papilles autant que la vue. Sur le comptoir donnant en cuisine un panier de légumes gorgés de soleil, aiguise nos papilles.

Le midi c'est au menu que ça fonctionne. Confection des entrées et plats en fonction des achats du matin, toujours différent, toujours innovant, un régal de saveurs....


Le soir, le menu s'étoffe.
Mais au final qu'il est agréable de se laisser guider par les confections du midi!
Le vin est finement sélectionné, plusieurs crus, plusieurs ambiances suivant ce qu'on recherche, mais toujours un conseil avisé.



En semaine c'est le patron que vous croiserez avec ses yeux bleus. Seul pour tout faire, il ne perdra jamais le sourire et sera toujours disponible pour un petit mot à chacun et une petite explication sur telle ou telle saveur. Toujours un plaisir.


Le samedi, il sera présent avec son apprentis comme il aime à l'appeler, toujours en le valorisant et incitant les clients à lui donner leur avis.

Et le dimanche, il ouvre maintenant sur la demande des ramonvillois, pour faire de nos dimanches des déjeuners plus vivant! Il confit alors le service à son "ptit jeune" lui laissant la liberté sur les plats, ce qui est très formateur et très valorisant pour lui.
Rien à dire en tout cas, dans la lignée du patron il s'en sort très bien! Il a été à bonne école..



En tout cas, un ptit restaurant de spécialités de "Pasta italienne" qu'il fait bon découvrir pour mieux en devenir.... des habitués!!!!!!



Bonne dégustation.



PS: on attend l'installation de la terrasse avec impatience!

lundi, mai 05, 2008

ça viendra....

Amertume du jour....
les idées pleuvent sans que je puisse les ordonner. Pourquoi rien n'est jamais aussi simple que ce qu'on le voudrait...
Pourquoi tant de questions maintenant? Ai je choisi la bonne voix? Me suis je trompée de vocation...?
Je ne sais pas, je ne sais plus.



Mes pensées tourbillonnent sans que je puisse les contrôler. Mais où est l'issue? Ma fragilité me joue des tours, ce soir je ne vois plus... je ne sais plus...
mais que dois je savoir?
quel est mon réel pouvoir de décision?



Là est la question...
... et demain sera un autre jour où j'aurais repris le contrôle de ma vie, sans défaillir extérieurement. J'attends quelque chose sans pouvoir savoir quoi et quand. Mais ça viendra c'est la seule chose que je sais.

Jazz en Comminge -Jour 3-

Le soleil est toujours de la partie, réchauffant et donnant des airs d'été à ce festival.



Programme OFF...

Ce matin (enfin tout est relatif il est déjà 12h!!) quoi de mieux qu'une chaise transat à l'ombre des grands arbres au "Grain de café" ? Ambiance décontractée pour un peu de fraîcheur, en savourant les pyrénées, une bière alsacienne et les airs de dixie. Installés sur les marches naturelles du trottoir, parasol de rigueur, voici les Jazz Magniac. Nom évocateur pour ces musiciens pas tout jeune et amateurs de grands standards. Rien de plus efficace qu'un washboard pour le rythme, drôle de planche métallisée avec des dés à coudre en guise de baguettes? Pour l'épauler un banjo instrument mythique du dixie, souvent peu utilisé de nos jours, pourtant toujours aussi performant avec son son particulier.
Lecture rapide de la page de la dépêche sur Saint gaudens, sur des airs du grand Sidney Bechet. On savoure quelques moments de détente bien installé, le vent soufflant légèrement pour une brise joyeuse.
Le temps est en suspens, aux airs acidulés. Au détour d'une anecdotes, solos inépuisés, tout en simplicité pour le son de l'instrument. Tour à tour trompette ou trombone à pistons pour l'un, clarinette et sax soprano pour l'autre. L'inspiration est là, en toute simplicité.
Ce ils remettront ça, sans autre prétention. Les petites histoires dues à leur âge enrobant le tout! Pour un programme varié!



Après cette pause appréciée, petit repas au Mooréa, une assiette spéciale aux couleurs espagnoles : crudité, omelette, jambon... et pour l'ambiance les airs de Jolly Swing dont leur prestation applaudis de la veille leur à valu un concert supplémentaire sur le off aujourd'hui, mais sans leur contrebassiste.



Cet aprem sous la halle, le Doobop Swing de Caroline Itier. Un trio frais, jeune: piano, guitare jazz et contrebasse. Caroline en robe noire, avec ses longs cheveux blond frisés enrobant le manche de sa contrebasse.
Jolie prestation, manquant un poil de sourire tout de même! Si les airs, grilles, sont maîtrisés, chacun semble absorbé par sa matière, un peu dans son monde et ce sont finalement les individualités plus que le tout qu'on remarque. Elle elle n'a pas changé, notes fluides, rythmique impeccable, son de velours.
Un pianiste jeune et talentueux, parfait sur ses accompagnements, délires classiques et percutant sur ses impros. Enfin le guitariste, pas bien grand, replié sur sa guitare jazz brillante. Solo tantôt bluesy tantôt une pointe de manouche perse où bien encore une adaptation des Beatles!! Pour le plaisir de tous.
Tous poussent la chansonnette, mais sans timbre particulier.



S'ensuit alors le Midnight jazz, tous environ la cinquantaine, on sent les musiciens ayant bourlingué, se connaissant bien. Pas de souffleurs dans cette formation mais encore une guitare à l'honneur. 5 compères qui se sont rencontrés aux détours de concerts ou d'enregistrement. Le hasard faisant bien les choses, ils se sont tout naturellement regroupé pour la suite de leur musique, chacun riche de son expérience.
Rien à dire, ça a de la bouteille, tout tourne tout seul, presque trop! On sent l'habitude et il manque un ptit grain de folie ou d'imprévus. Les sourires sont rares, en même temps leur registre est plutôt mélancolique... mais les structures sont définis à l'avance, tout se passe comme dans une mécanique bien huilée.
Seul bémol, quelques "injustesses" sur la contrebasse, malgré un solo sympathique! C'est efficace mais il manque l'étincelle. Les musiciens doivent être lumineux!




Programme IN...




La soirée s'annonce en demi teinte. Stacey Kent en deuxième partie, un album qui cartonne malgré un public vraiment amateur de jazz mitigé! Et une première partie surprise : une alliance subtile d'une tromboniste de Ray Charles Sarah Morrow alliée sur c projet électrique avec le saxophoniste Rick Margitza.



Le public est là, la salle est comble pour la première partie. Le premier morceau ne résout pas l'énigme, virevoltant dans tout les sens on ne sait toujours pas à quoi s'attendre. Puis le deuxième nous comble! Et c'est de mieux en mieux. Cette tromboniste aux cheveux courts, à la casquette et la robe confortable à deux micros pour elle : un normal et un couplé à une sorte de pédale d'effet comparable à une wah-wah ou une chorus donnant des airs de guitare aux sons de son intsrument. Elle s'éclate, innove, ici rien n'est figé, les structures évoluent en fonction de ce qui se passe, on la voit ainsi se retourner pour dicter les changements de plans.
Un bassiste (chauve pour changer!), aux lunettes de soleil et à la carrure imposante. LA contrebasse qu'il prend sur quelques morceaux parait petit entre ses bras, et sa basse rouge lui donne un air encore plus funky!
Un batteur inspiré dont les baguettes sont sans cesse en mouvement, traquant la moindre sonorité! Il exploite tout.
Un pianiste à la hauteur des deux autres. Une vrai complicité avec Sarah.
Et contrairement aux envolés "gammistiques" dont Rick nous avais servi dans le Moutin quartet, c'est des rythmes plus simples et des phrasés plus innés qui nous ravissent les oreilles. Il a trouvé sa place par rapport à elle, bien qu'il se fasse très discret sur ses interventions et sur les moments où il ne joue pas!
Un très bon moment, avec des compos novatrices mêlées à des reprises efficaces. Le tout se clôturant par un échange avec le public: elle jouant les mélodies au trombone et le public les reprenant en coeur. Grâce à un micro HF, elle quitte même la scène pour circuler dans le public pour cet échange sincère. Et ça marche!
Tout le monde se prend au jeu. Chantant le plus fidèlement possible, ses compagnons de scène un grand sourire aux lèvres la regardant faire, s'émerveillant de ce qui se passe, initiant même la battue des mains en rythme!
Elle couronne l'exercice par un solo sans rythmique extra. Elle est là, se fait plaisir, le partage. Que du bonheur!!!!!




Vient alors après l'entracte Stacey Kent... l'annonce comme par une information concernant les photographes... ces pros n'ont droit qu'à des prises de vues sur 3 morceaux.... le ton est donné.
En formation sur scène déjà transparaît la suffisance.Il y a les accompagnateurs relégués en fond de scène : un trio piano, contrebasse, batteur. Et puis Stacey devant à la même hauteur que son saxophoniste de mari... Un type à l'allure froide, se prenant pour Stan Getz malgré un son loin d'être à la hauteur de ce qu'il revendique!
On à l'impression qu'il tire les ficelles, la mettant en avant. Elle elle minaude, chantant toujours "la plus belle chanson d'amour".... soit elle est vraiment naïve, soit elle le fait exprès! Son registre de timbre de voix n'est pas non plus exceptionnel, d'ailleurs la salle ne s'y trompe pas, certains ne sont pas revenus à l'entracte, d'autres partent au compte goutte après les premiers morceaux.
Bon faut être honnête, ce n'est pas désagréable, comme musique d'ambiance ça passe plutôt bien!
Les musiciens assurent derrières mais bon ses soit-disantes compos ressemblent bizarrement (a peu de notes près) à quelques standards....
Je ne m'épancherai pas plus, pour moi il ne se passe pas grand chose... malheureusement ça donne en plus une image fausse du jazz... et une considération basse pour les musiciens!



After...







La soirée s'achève au bar à champagne avec les suédois du Jazz Kamikaze. 5 jeunes garçons dans le style! Attaquant même par du .... Nirvana! Ils sont pleins de fougues, d'entrain et leur talent n'enlève rien. Virtuosité dans les sols, voix mixée avec le son d'un synthé-guitare. Contrebasse parfois jouée comme une basse! Ces 5 là se déchaînent, se font un bon trip et ça passe. Voilà une fin de soirée bien animée, avec une coupe de champagne qui passe bien!
Enfin ce qu'ils font est tout simplement indescriptible!!!
En tout cas bonne ambiance pour la dernière soirée ici. Aux saveurs du champagnes se mêle les morceaux frais de melon, les fraises, et les autres fruits, ainsi qu'une petit gâteau tropézien... c'est ça la classe!
Seul bémol, ils ont finalement joué bien peu de temps... on serait bien resté plus mais bon... presque déjà 2h du matin. Les baraquements ambulant quittent le parking, les gens se séparent...c'est la in des concerts au parc des expos dans ce cadre là. Ne reste que l'organisation et la technique, gardiens silencieux des lieux.



Ambiance...

Au final une bonne ambiance, des rencontres agréables pour qui sait être ouvert. C'est un festival d'ouverture, on dégage tous quelque chose, il suffit d'être naturel et à l'écoute pour en voir les conséquences. Après trois jours on repère déjà les têtes habituelles, on se fait quelques fois repérés sans trop savoir pourquoi!
Tout ce que je sais c'est que je suis moi et que je vis en tant que tel. Je ne fais rien pour me mettre en lumière, je vis juste ce qu'il m'est donné de vivre et ce que j'ai envie de faire!
Avec ou sans compagnie d'ailleurs (;o))



Et au final je me suis vraiment rendu compte de ce que j'avais appris, des gens que j'avais rencontré, quand un ami m'a rejoint. a travers sa vision des choses, j'ai pris conscience de tout ce que j'avais noté, de ce que je savais sur les gens croisés, tout simplement parceque je fais attention à ce/ceux qui m'entoure(nt). J'écoute, je regarde, je souris tout simplement. Et je partage à la moindre occasion!
Être ouvert à l'environnement, une attitude, pour ne pas passe à coté des belles choses. C'est simple et aujourd'hui parfois déroutant de se rendre compte de ce à quoi les gens passent à coté.
Je vis mon ptit bonhomme de chemin, ne m'arrêtant à rien, profitant de chaque minute (voir seconde!), un peu de gourmandise, de la bonne humeur, du soleil, de la bonne musique... tout est réuni pour sortir du quotidien. Un week end dépaysant, rafraîchissant, pour... tout oublier.... jusqu'au lundi!

dimanche, mai 04, 2008

Jazz en Comminge -Jour 2-

Réveil en douceur sous le soleil toujours présent. Les rues sentent bons, les gens à la fête, déambulant sans but précis dans la ville, se laissant guider au grès du vent venus se jouer des rayons solaires.



Programme OFF ...
Après avoir parcouru les différents troquets, mon choix se pose sur le Bar des Halles, aujourd'hui mis en valeur par Jolly Swing. Accroche sur des notes manouches, jazz aux notes précises, aux airs de là bas! 4 amis, tous originaires du Berry, deux vivant sur paris, deux autres sur chateauroux, se réunissant pour les bons moments à travers les standards de jazz leur passion commune. Il y a le couple phare: lui le "manouche roux", aux doigts exercés; elle la frêle blonde à la voix pourtant prometteuse. Pas de prise de tête, des structures malléables, des espaces à solistes, des chansons en anglais ou français pour le plaisir des yeux et des oreilles! Douces mélopées sous ce ciel d'été. Un contrebassiste pas plus grand que moi (comme quoi tout reste possible!!), dictant parfois les accords au guitariste accompagnateur, avec son grand sourire chaleureux.
Je n'ai pas vu le temps, juste le soleil tourner ( et oui j'ai pris des couleurs!) mais je me suis faite repérée... A la fin, Jean Claude, le contrebassiste de cette formation m'a abordé une mi-question mi-affirmation au bout des lèvres sur le fait que je sois musicienne! Comment est-ce possible? Peut être tout simplement un état d'esprit, un comportement en général... je ne sais pas! en tout cas ça à l'air de se voir. Et Xavier contrebassiste de son état, c'est aussi tout naturellement joint à la conversation pour un "café basse"! Hasard des rencontres...



C'est ensuite autour des élèves de l'école de musique Guy Lafitte de prendre la température de la petite halle. En voilà qui n'ont pas froid aux yeux, notamment un ptit bonhomme d'environ 7 ans aux congas!



Vu le temps, une petite pause glace s'impose, face aux pyrénées bien entendu! Glace aux parfums fruités.... je vous passe les détails, ça ne se partage pas! (ah la gourmandise...!)



De retour sous la halle, le Jambalaya (Louisiane Tribute) prend place. Composé d'un pianiste, un contrebassiste chanteur au sourire.... , un sax bar/sax soprane, un ténor/clarinette, un trompettiste, un tromboniste, un batteur... et une chanteuse noire au coffre généreux.
Le ton est donné, ça va déménager! Tous en costume ou chemise cravate, ça le fait! La banane et le sourire aux lèvres. La complicité est là, de vrais musiciens comme on les aime. Toujours une idée derrière la tête, aux solos rivalisant de prouesses tout en restant ultra mélodieux et efficaces. Une chanteuse à la voix variant du ptit grain soft à la puissance soutenue. Et pour les duos déchaînés... elle se joint au contrebassiste. Contrebassiste à l'imitation d'Amstrong... sympathique! Imitation réussi pour un Georgia haut en couleur. Que ça fait du bien de partager leur bonheur simple.



Programme IN...





Ce soir, la salle est comble. Première partie par les frères jumeaux Moutin: l'un batteur, l'autre contrebassiste. Ces deux là sont jumeaux et ça se voit! Ce n'est plus de la simple complicité mais bien un lien plus fort qui les unis. Excellents musiciens il n'y a pas à en douter.... mais (et oui il y a un mais) ils sont torturés ou "ont des tripes" selon l'expression de certains. C'est un jazz aux approches free, aux gammes largement exploitées, aux dissonances parfois dérangeantes qui se joue là en compagnie du pianiste Pierre de Bethmann et du saxophoniste Rick Margitza qui assume la master classe du sax. Voilà, ils sont bons c'est indéniable mais leur jazz ne m'a pas touché... j'ai essayé de m'y cramponner mais aucune vibration n'est née... peut etre un peu trop cérébral pour moi!




En revanche, E.S.T a comblé toutes mes attentes... comme d'habitude! Ces trois là font de l'or de tout ce qu'ils composent. C'est brillant, novateur et chargé d'émotions à l'état pur. Un trio jazz qui mérite bien toute la reconnaissance actuelle que leur offre enfin ce monde là.
Les premières notes vous enroulent, des mélodies insidieuses, évocatrices pour tousµ. La musique d'E.S.T se vit, "invoquatrice" d'images, de couleurs, de vécus... comment y rester insensible?? Un silence religieux se fait dans la salle bien au delà de la fin des morceaux... il y a ce délais où il faut le temps au public pour redescendre sur terre et de muer ses émotions en applaudissements nourris. Les morceaux qui durent pour prendre toute l'ampleur de ce qu'ils ont à donner, et pourtant... c'est trop court!!!!! On y passerait la nuit... la nuit à les regarder, rechercher leur sons -saturation pour la contrebasse, effets spéciaux pour le piano, étouffant même parfois les cordes de la main-. Mais au delà de la vision, c'est l'ouïe qui est stimulée. On ne se lasse jamais, on en redemande toujours. Et quand l'image vidéo des mains de l'un des trois en action est projetée en toile de fond, comme en filigrane, on se surprend à les suivre, à laisser divaguer les émotions, les images défilent, les sensations virevoltent, à fleur de peau...
Et quand le set est fini c'est une standing ovation qui les rappelle pour un dernier morceau où tout le monde se tait alors pour profiter au maximum de chaque seconde.
Le retour à la réalité n'est pas immédiat, on flotte encore dans ce demi-monde.... et c'est en écoutant le dernier CD -leur live à Hambourg- que le retour se fait.... pour atterrir tout en douceur. Le sommeil n'est plus là, les mélodies envoûtantes toujours présentes.



Le sommeil finira par gagner tout doucement... pour des rêves encore imprégnés d'E.S.T.

Jazz en Comminge -Jour 1-

Festival de jazz de Saint-Gaudens... Tout un programme.
Saint-Gaudens, "petite" ville au centre chaleureux, baignée par le soleil, jolie vue sur les pyrénées de son belvédère, beaucoup plus calme que celui de Pau!!



Programme OFF...

A travers les rues aux pierres chargées d'histoire, les notes se faufilent, se croisent, aiguillonnent le promeneur à l'oreille attentive. En les suivant, nos pas nous mènent à la petit halle (ancienne halle au grain elle aussi!) : vieille halle aux pierres polies par le temps, à la charpente de bois qui s'adapte si bien aux musiciens. La ville jusque là calme s'anime. C'est là que ça se passe.







J'arrive sous les airs du latin jazz du Tinta Azul, groupe aux accents chamarrés, aux mélodies gorgées de soleil, aux pêches surprenantes. Le public, mélange de locaux, d'amateurs, de chasseurs d'images, de doux rêveurs, de néophytes, de curieux, de famille, de gens dans leur monde.... tous sont là à vivre la musique, chacun à sa façon : pieds et mains sur le tempo, mouvements de tête, imprécation totale... ou plus subtile... La musique vie, la passion fuse faisant vibrer les molécules d'airs pour nous conquérir. Cette passion elle née de la rencontre de ces caractères Bordelais et Poitevins qui s'unissent pour ne faire qu'un. Les sourires sont là, entre eux. L'amitié est palpable, elle tusse la trame de leurs morceaux, toujours vifs, enjoués et chantant.




Là à l'abri des regards, au fond de la salle Abdu Salim s'imprègne de l'ambiance. Exécutant même quelques mouvements qu'on pourrait apparenter au Taï-shi. Et quand il prend la suite c'est dans un grand boubou blanc, lui l'homme en noir, qu'il arrive. Il ne tient pas en place. La moindre note fait vibrer tout son être. Alors que l'on prend le temps de monter la batterie de l'école musique pour son compère et complice Tonton Salut, il trépigne, joue avec ses micros, fait quelques notes. Tonton Salut s'accommodera finalement en guise de tabouret d'un retour munis de quelques serviettes!!!
Lorsqu'ils commencent, un autre type de jazz nous rattrape, ce n'est plus le jazz latin panaché et multicolore mais bien un grand hommage à Coltrane. Les compositions prennent alors une deuxième jeunesse. Les doigts magiques d'Abdu Salim refont vivre sa musique : tantôt ténor qui parait si frêle en rapport à sa grande carcasse, ou souffle subtil de flûte ou encore charmeur de serpents au soprano. Les notes l'électrisent comme des milliers de petits courants et ainsi quand il joue c'est de tout son corps qu'il vibre, perturbateur, catalyseur à souhait.
Les autres ne sont pas pour autant en reste. Tonton Salut dans une décontracture totale enchaîne les rythmes, pulse, agrémente, perd même une baguette sans ombrages.
Le pianiste connaît son clavier comme personne, il fait corps autant dans ses effusions lyriques que ses envolés rythmiques, s'emballant même dans la longueur de ses solos.
Le contre bassiste tiens serré son instrument, comme s'il avait peur qu'il s'envole! A la manière d'un guitariste ses solos mélangent accords et phrases stylées.... sans jamais perdre le battement névralgique du morceau. Il vit tellement ce qu'il joue que ses lèvres le chantent!! Rien de plus fabuleux qu'un bassiste qui ne peux s'empêcher de se fredonner ce que va sortir son instrument, comme s'il lui murmurait là suite...



C'est ensuite sous un air de trombone, dans les derniers rayons de soleil de la journée, sous un platane, que ces quelques mots glissent sur le papier.
Un trombone vif, aux chorus efficaces, entouré d'un guitariste et d'un contrebassiste pour illuminer le tout, en acoustique dans un ptit bar. Et oui Saint Gaudens ce n'est pas que le pars des expos et la petite halle, c'est aussi les concerts off répartis dans les bars/troquets du centre. De quoi se promener au grès des envies pour des ambiances différentes.
DE tout pour tout les goûts. Il est maintenant temps de faire un tour du coté du parc des expo pour un programme IN alléchant.



Programme IN...

Le parc des expositions, grand bâtiment froid de l'extérieur, se fait cosy en dedans. L'espace a été délimité pour créer une salle d'environ 1000 places assises. Au delà de l'inconfort des chaises, la scène créée apporte tout confort. Scène noire, light à profusion, même des systèmes donnant un air nouveau aux jeux de lumières, couleurs flashies, gestion des nuances assistées par ordinateur...




Avishai Cohen Trio.....
Le trio chauve, ah non le batteur a des cheveux!!! D'habitudes, sauf quelques rares exceptions, la contrebasse est reléguée au second plan... et là elle prend toute sa dimension d'instrument. Elle n'est plus accompagnatrice fondamentale et nécessaire, toujours omniprésente, mais instrument soliste, aux accents de velours ou au slap incisif. Piano et contrebasse se relayent le chant, les impros en 4/4 tel un dialogue incessant, prenant les idées des uns pour les développer ou les dépeindre autrement. Jazz asymétrique, le thème vit, sans encombres, d'un instrument à l'autre. La contrebasse fait normalement corps avec son bassiste, mais là... oh phénomène étrange elle le stabilise!! Tel un danseur il bouge entourant sa contrebasse, elle toujours droite et fixe, lui la couvrant de toutes ses attentions, toujours avec infini délicatesse, virevolte comme un électron libre. De quoi rendre jalouse n'importe qu'elle femme....
Compositeur insatiable, aux mélodies envoûtantes, aux influences sonores pluralistes, le set passe finalement bien trop vite.....
On pourrait croire le batteur le plus réservé du groupe, mais loin d'être en dehors du duo, il les englobe de sa présence, les soutient, les auréolant, et lorsque vient son tour de l'exercice du solo on prend compte de la dimension de son jeu.... et de son talent! Débordant d'énergie, de rythmes, passionné par ses tomes, aucun élément n'est oublié!



Le concert s'achève sur un ultime rappel et c'est au coin dédicace qu'on les retrouve tous les trois pour quelques mots volés en anglais bien sur, avec ce public qui a fini en standing ovation! Quelques signatures sur le dernier album pour graver cette découvert magique, un trio à suivre!!!







L'enchaînement va être dur et le changement de plateau conséquent.... ! Et oui Roy Ayers se déplace en nombre: un "homme synthétiseur", un bassiste 5 cordes, un batteur, un saxophoniste alto/ténor mais qui fait aussi du synthé, un chanteur, et lui au vibraphone. Pour au final, un changement total d'ambiance, ce n'est plus du jazz à mon sens mais bien en mélange de funk, années 70, où on a pas eu de grosse démonstration de vibraphone en plus! Mais bon ça a plu à certains du public, tout content de taper dans les mains, d'être pris à parti pour chanter, dans des gags à l'américaine d'un show bien rodé!
On peut tout de même souligner le brio du saxophoniste, à l'aise dans tous les registres et qui donne à lui tout seul l'accent jazzy de cette formation, bien qu'il en fasse trois tonnes!!!



After....

Quasiment 1h du matin, la chaleur de la journée est tombée, la fraîcheur des pyrénées purifie l'air. La nuit est vivifiante, et c'est tout naturellement qu'on se dirige dans un ptit coin attenant où se tient le bar à champagne. 5€ la coupe comme partout... mais possibilité à plusieurs de s'offrir une bouteille, plus économique! Petites tables et fauteuils confortables, avec une assiette de fruits frais (fraises et raisins) et un brin de lilas pour la déco. A cette ambiance feutrée, le seul reproche est l'éclairage... lumière artificielle et trop franche pour un tel lieu.
Un ptit groupe local est prévu pour la transition, en attendant parait il un boeuf. Mais finalement le groupe s'éternise, les participant s'égrainent... Dommage pour ce soir....



Ambiance...

Ce premier soir, c'est en compagnie de photographes que je l'ai passé: l'un professionnel, l'autre amateur. Parler avec ce genre de personnages vous donne l'impression d'être regardé en permanence sous l'angle de vue!! Ils vous dévisage comme s'ils cherchaient à vous cadrer.
La nostalgie du temps les prends...celui où les photographes n'étaient pas la bête noire d'aujourd'hui, où ils étaient bien accueillis et appréciés. Le temps des caves et des orchestres qu'on suivait. Plus la discussion se passait plus je me demandais pourquoi n'étais je pas née en ce temps là....
L'un amateur comblé, l'autre professionnel parfois frustré, mais d'accord sur leur plaisir de l'argentique.... Ayant pourtant un numérique mais cherchant à le rendre aussi performant que leur argentique. Enlevant tous les modules préconçus!
Frustrés de la place qu'on leur réserve sur les concerts. Ici au moins pas de médiatisation à la Marciac, une large fosse où tous les élans peuvent s'exprimer. Et des groupes moins sous pression, même si pas forcément accessible avant le concert. Mais au moins peu (et oui certain l'exige quand même!) de restriction sur le nombre de morceaux où ils peuvent officier!
On les vois à genoux, assis ou en équilibre, cherchant la meilleure prise de vue, saisissant les expressions fugaces, les regards, les sourires.... un plaisir bien souvent rare de nos jours.
A musant de côtoyer ces gens le temps d'une soirée, on apprend beaucoup...



Et au son me direz-vous? Rien à dire, on y retrouve Johnny comme sur le OFF de marciac, toujours impeccable dans son rôle. Toujours aussi chauve aussi!