Festival de jazz de Saint-Gaudens... Tout un programme.
Saint-Gaudens, "petite" ville au centre chaleureux, baignée par le soleil, jolie vue sur les pyrénées de son belvédère, beaucoup plus calme que celui de Pau!!
A travers les rues aux pierres chargées d'histoire, les notes se faufilent, se croisent, aiguillonnent le promeneur à l'oreille attentive. En les suivant, nos pas nous mènent à la petit halle (ancienne halle au grain elle aussi!) : vieille halle aux pierres polies par le temps, à la charpente de bois qui s'adapte si bien aux musiciens. La ville jusque là calme s'anime. C'est là que ça se passe.

J'arrive sous les airs du latin jazz du Tinta Azul, groupe aux accents chamarrés, aux mélodies gorgées de soleil, aux pêches surprenantes. Le public, mélange de locaux, d'amateurs, de chasseurs d'images, de doux rêveurs, de néophytes, de curieux, de famille, de gens dans leur monde.... tous sont là à vivre la musique, chacun à sa façon : pieds et mains sur le tempo, mouvements de tête, imprécation totale... ou plus subtile... La musique vie, la passion fuse faisant vibrer les molécules d'airs pour nous conquérir. Cette passion elle née de la rencontre de ces caractères Bordelais et Poitevins qui s'unissent pour ne faire qu'un. Les sourires sont là, entre eux. L'amitié est palpable, elle tusse la trame de leurs morceaux, toujours vifs, enjoués et chantant.

Là à l'abri des regards, au fond de la salle Abdu Salim s'imprègne de l'ambiance. Exécutant même quelques mouvements qu'on pourrait apparenter au Taï-shi. Et quand il prend la suite c'est dans un grand boubou blanc, lui l'homme en noir, qu'il arrive. Il ne tient pas en place. La moindre note fait vibrer tout son être. Alors que l'on prend le temps de monter la batterie de l'école musique pour son compère et complice Tonton Salut, il trépigne, joue avec ses micros, fait quelques notes. Tonton Salut s'accommodera finalement en guise de tabouret d'un retour munis de quelques serviettes!!!
Lorsqu'ils commencent, un autre type de jazz nous rattrape, ce n'est plus le jazz latin panaché et multicolore mais bien un grand hommage à Coltrane. Les compositions prennent alors une deuxième jeunesse. Les doigts magiques d'Abdu Salim refont vivre sa musique : tantôt ténor qui parait si frêle en rapport à sa grande carcasse, ou souffle subtil de flûte ou encore charmeur de serpents au soprano. Les notes l'électrisent comme des milliers de petits courants et ainsi quand il joue c'est de tout son corps qu'il vibre, perturbateur, catalyseur à souhait.
Les autres ne sont pas pour autant en reste. Tonton Salut dans une décontracture totale enchaîne les rythmes, pulse, agrémente, perd même une baguette sans ombrages.
Le pianiste connaît son clavier comme personne, il fait corps autant dans ses effusions lyriques que ses envolés rythmiques, s'emballant même dans la longueur de ses solos.
Le contre bassiste tiens serré son instrument, comme s'il avait peur qu'il s'envole! A la manière d'un guitariste ses solos mélangent accords et phrases stylées.... sans jamais perdre le battement névralgique du morceau. Il vit tellement ce qu'il joue que ses lèvres le chantent!! Rien de plus fabuleux qu'un bassiste qui ne peux s'empêcher de se fredonner ce que va sortir son instrument, comme s'il lui murmurait là suite...
C'est ensuite sous un air de trombone, dans les derniers rayons de soleil de la journée, sous un platane, que ces quelques mots glissent sur le papier.
Un trombone vif, aux chorus efficaces, entouré d'un guitariste et d'un contrebassiste pour illuminer le tout, en acoustique dans un ptit bar. Et oui Saint Gaudens ce n'est pas que le pars des expos et la petite halle, c'est aussi les concerts off répartis dans les bars/troquets du centre. De quoi se promener au grès des envies pour des ambiances différentes.
DE tout pour tout les goûts. Il est maintenant temps de faire un tour du coté du parc des expo pour un programme IN alléchant.
Le parc des expositions, grand bâtiment froid de l'extérieur, se fait cosy en dedans. L'espace a été délimité pour créer une salle d'environ 1000 places assises. Au delà de l'inconfort des chaises, la scène créée apporte tout confort. Scène noire, light à profusion, même des systèmes donnant un air nouveau aux jeux de lumières, couleurs flashies, gestion des nuances assistées par ordinateur...

Avishai Cohen Trio.....
Le trio chauve, ah non le batteur a des cheveux!!! D'habitudes, sauf quelques rares exceptions, la contrebasse est reléguée au second plan... et là elle prend toute sa dimension d'instrument. Elle n'est plus accompagnatrice fondamentale et nécessaire, toujours omniprésente, mais instrument soliste, aux accents de velours ou au slap incisif. Piano et contrebasse se relayent le chant, les impros en 4/4 tel un dialogue incessant, prenant les idées des uns pour les développer ou les dépeindre autrement. Jazz asymétrique, le thème vit, sans encombres, d'un instrument à l'autre. La contrebasse fait normalement corps avec son bassiste, mais là... oh phénomène étrange elle le stabilise!! Tel un danseur il bouge entourant sa contrebasse, elle toujours droite et fixe, lui la couvrant de toutes ses attentions, toujours avec infini délicatesse, virevolte comme un électron libre. De quoi rendre jalouse n'importe qu'elle femme....
Compositeur insatiable, aux mélodies envoûtantes, aux influences sonores pluralistes, le set passe finalement bien trop vite.....
On pourrait croire le batteur le plus réservé du groupe, mais loin d'être en dehors du duo, il les englobe de sa présence, les soutient, les auréolant, et lorsque vient son tour de l'exercice du solo on prend compte de la dimension de son jeu.... et de son talent! Débordant d'énergie, de rythmes, passionné par ses tomes, aucun élément n'est oublié!
Le concert s'achève sur un ultime rappel et c'est au coin dédicace qu'on les retrouve tous les trois pour quelques mots volés en anglais bien sur, avec ce public qui a fini en standing ovation! Quelques signatures sur le dernier album pour graver cette découvert magique, un trio à suivre!!!

L'enchaînement va être dur et le changement de plateau conséquent.... ! Et oui Roy Ayers se déplace en nombre: un "homme synthétiseur", un bassiste 5 cordes, un batteur, un saxophoniste alto/ténor mais qui fait aussi du synthé, un chanteur, et lui au vibraphone. Pour au final, un changement total d'ambiance, ce n'est plus du jazz à mon sens mais bien en mélange de funk, années 70, où on a pas eu de grosse démonstration de vibraphone en plus! Mais bon ça a plu à certains du public, tout content de taper dans les mains, d'être pris à parti pour chanter, dans des gags à l'américaine d'un show bien rodé!
On peut tout de même souligner le brio du saxophoniste, à l'aise dans tous les registres et qui donne à lui tout seul l'accent jazzy de cette formation, bien qu'il en fasse trois tonnes!!!
Quasiment 1h du matin, la chaleur de la journée est tombée, la fraîcheur des pyrénées purifie l'air. La nuit est vivifiante, et c'est tout naturellement qu'on se dirige dans un ptit coin attenant où se tient le bar à champagne. 5€ la coupe comme partout... mais possibilité à plusieurs de s'offrir une bouteille, plus économique! Petites tables et fauteuils confortables, avec une assiette de fruits frais (fraises et raisins) et un brin de lilas pour la déco. A cette ambiance feutrée, le seul reproche est l'éclairage... lumière artificielle et trop franche pour un tel lieu.
Un ptit groupe local est prévu pour la transition, en attendant parait il un boeuf. Mais finalement le groupe s'éternise, les participant s'égrainent... Dommage pour ce soir....
Ce premier soir, c'est en compagnie de photographes que je l'ai passé: l'un professionnel, l'autre amateur. Parler avec ce genre de personnages vous donne l'impression d'être regardé en permanence sous l'angle de vue!! Ils vous dévisage comme s'ils cherchaient à vous cadrer.
La nostalgie du temps les prends...celui où les photographes n'étaient pas la bête noire d'aujourd'hui, où ils étaient bien accueillis et appréciés. Le temps des caves et des orchestres qu'on suivait. Plus la discussion se passait plus je me demandais pourquoi n'étais je pas née en ce temps là....
L'un amateur comblé, l'autre professionnel parfois frustré, mais d'accord sur leur plaisir de l'argentique.... Ayant pourtant un numérique mais cherchant à le rendre aussi performant que leur argentique. Enlevant tous les modules préconçus!
Frustrés de la place qu'on leur réserve sur les concerts. Ici au moins pas de médiatisation à la Marciac, une large fosse où tous les élans peuvent s'exprimer. Et des groupes moins sous pression, même si pas forcément accessible avant le concert. Mais au moins peu (et oui certain l'exige quand même!) de restriction sur le nombre de morceaux où ils peuvent officier!
On les vois à genoux, assis ou en équilibre, cherchant la meilleure prise de vue, saisissant les expressions fugaces, les regards, les sourires.... un plaisir bien souvent rare de nos jours.
A musant de côtoyer ces gens le temps d'une soirée, on apprend beaucoup...
Et au son me direz-vous? Rien à dire, on y retrouve Johnny comme sur le OFF de marciac, toujours impeccable dans son rôle. Toujours aussi chauve aussi!
Saint-Gaudens, "petite" ville au centre chaleureux, baignée par le soleil, jolie vue sur les pyrénées de son belvédère, beaucoup plus calme que celui de Pau!!
Programme OFF...
A travers les rues aux pierres chargées d'histoire, les notes se faufilent, se croisent, aiguillonnent le promeneur à l'oreille attentive. En les suivant, nos pas nous mènent à la petit halle (ancienne halle au grain elle aussi!) : vieille halle aux pierres polies par le temps, à la charpente de bois qui s'adapte si bien aux musiciens. La ville jusque là calme s'anime. C'est là que ça se passe.

J'arrive sous les airs du latin jazz du Tinta Azul, groupe aux accents chamarrés, aux mélodies gorgées de soleil, aux pêches surprenantes. Le public, mélange de locaux, d'amateurs, de chasseurs d'images, de doux rêveurs, de néophytes, de curieux, de famille, de gens dans leur monde.... tous sont là à vivre la musique, chacun à sa façon : pieds et mains sur le tempo, mouvements de tête, imprécation totale... ou plus subtile... La musique vie, la passion fuse faisant vibrer les molécules d'airs pour nous conquérir. Cette passion elle née de la rencontre de ces caractères Bordelais et Poitevins qui s'unissent pour ne faire qu'un. Les sourires sont là, entre eux. L'amitié est palpable, elle tusse la trame de leurs morceaux, toujours vifs, enjoués et chantant.

Là à l'abri des regards, au fond de la salle Abdu Salim s'imprègne de l'ambiance. Exécutant même quelques mouvements qu'on pourrait apparenter au Taï-shi. Et quand il prend la suite c'est dans un grand boubou blanc, lui l'homme en noir, qu'il arrive. Il ne tient pas en place. La moindre note fait vibrer tout son être. Alors que l'on prend le temps de monter la batterie de l'école musique pour son compère et complice Tonton Salut, il trépigne, joue avec ses micros, fait quelques notes. Tonton Salut s'accommodera finalement en guise de tabouret d'un retour munis de quelques serviettes!!!
Lorsqu'ils commencent, un autre type de jazz nous rattrape, ce n'est plus le jazz latin panaché et multicolore mais bien un grand hommage à Coltrane. Les compositions prennent alors une deuxième jeunesse. Les doigts magiques d'Abdu Salim refont vivre sa musique : tantôt ténor qui parait si frêle en rapport à sa grande carcasse, ou souffle subtil de flûte ou encore charmeur de serpents au soprano. Les notes l'électrisent comme des milliers de petits courants et ainsi quand il joue c'est de tout son corps qu'il vibre, perturbateur, catalyseur à souhait.
Les autres ne sont pas pour autant en reste. Tonton Salut dans une décontracture totale enchaîne les rythmes, pulse, agrémente, perd même une baguette sans ombrages.
Le pianiste connaît son clavier comme personne, il fait corps autant dans ses effusions lyriques que ses envolés rythmiques, s'emballant même dans la longueur de ses solos.
Le contre bassiste tiens serré son instrument, comme s'il avait peur qu'il s'envole! A la manière d'un guitariste ses solos mélangent accords et phrases stylées.... sans jamais perdre le battement névralgique du morceau. Il vit tellement ce qu'il joue que ses lèvres le chantent!! Rien de plus fabuleux qu'un bassiste qui ne peux s'empêcher de se fredonner ce que va sortir son instrument, comme s'il lui murmurait là suite...
C'est ensuite sous un air de trombone, dans les derniers rayons de soleil de la journée, sous un platane, que ces quelques mots glissent sur le papier.
Un trombone vif, aux chorus efficaces, entouré d'un guitariste et d'un contrebassiste pour illuminer le tout, en acoustique dans un ptit bar. Et oui Saint Gaudens ce n'est pas que le pars des expos et la petite halle, c'est aussi les concerts off répartis dans les bars/troquets du centre. De quoi se promener au grès des envies pour des ambiances différentes.
DE tout pour tout les goûts. Il est maintenant temps de faire un tour du coté du parc des expo pour un programme IN alléchant.
Programme IN...
Le parc des expositions, grand bâtiment froid de l'extérieur, se fait cosy en dedans. L'espace a été délimité pour créer une salle d'environ 1000 places assises. Au delà de l'inconfort des chaises, la scène créée apporte tout confort. Scène noire, light à profusion, même des systèmes donnant un air nouveau aux jeux de lumières, couleurs flashies, gestion des nuances assistées par ordinateur...

Avishai Cohen Trio.....
Le trio chauve, ah non le batteur a des cheveux!!! D'habitudes, sauf quelques rares exceptions, la contrebasse est reléguée au second plan... et là elle prend toute sa dimension d'instrument. Elle n'est plus accompagnatrice fondamentale et nécessaire, toujours omniprésente, mais instrument soliste, aux accents de velours ou au slap incisif. Piano et contrebasse se relayent le chant, les impros en 4/4 tel un dialogue incessant, prenant les idées des uns pour les développer ou les dépeindre autrement. Jazz asymétrique, le thème vit, sans encombres, d'un instrument à l'autre. La contrebasse fait normalement corps avec son bassiste, mais là... oh phénomène étrange elle le stabilise!! Tel un danseur il bouge entourant sa contrebasse, elle toujours droite et fixe, lui la couvrant de toutes ses attentions, toujours avec infini délicatesse, virevolte comme un électron libre. De quoi rendre jalouse n'importe qu'elle femme....
Compositeur insatiable, aux mélodies envoûtantes, aux influences sonores pluralistes, le set passe finalement bien trop vite.....
On pourrait croire le batteur le plus réservé du groupe, mais loin d'être en dehors du duo, il les englobe de sa présence, les soutient, les auréolant, et lorsque vient son tour de l'exercice du solo on prend compte de la dimension de son jeu.... et de son talent! Débordant d'énergie, de rythmes, passionné par ses tomes, aucun élément n'est oublié!
Le concert s'achève sur un ultime rappel et c'est au coin dédicace qu'on les retrouve tous les trois pour quelques mots volés en anglais bien sur, avec ce public qui a fini en standing ovation! Quelques signatures sur le dernier album pour graver cette découvert magique, un trio à suivre!!!

L'enchaînement va être dur et le changement de plateau conséquent.... ! Et oui Roy Ayers se déplace en nombre: un "homme synthétiseur", un bassiste 5 cordes, un batteur, un saxophoniste alto/ténor mais qui fait aussi du synthé, un chanteur, et lui au vibraphone. Pour au final, un changement total d'ambiance, ce n'est plus du jazz à mon sens mais bien en mélange de funk, années 70, où on a pas eu de grosse démonstration de vibraphone en plus! Mais bon ça a plu à certains du public, tout content de taper dans les mains, d'être pris à parti pour chanter, dans des gags à l'américaine d'un show bien rodé!
On peut tout de même souligner le brio du saxophoniste, à l'aise dans tous les registres et qui donne à lui tout seul l'accent jazzy de cette formation, bien qu'il en fasse trois tonnes!!!
After....
Quasiment 1h du matin, la chaleur de la journée est tombée, la fraîcheur des pyrénées purifie l'air. La nuit est vivifiante, et c'est tout naturellement qu'on se dirige dans un ptit coin attenant où se tient le bar à champagne. 5€ la coupe comme partout... mais possibilité à plusieurs de s'offrir une bouteille, plus économique! Petites tables et fauteuils confortables, avec une assiette de fruits frais (fraises et raisins) et un brin de lilas pour la déco. A cette ambiance feutrée, le seul reproche est l'éclairage... lumière artificielle et trop franche pour un tel lieu.
Un ptit groupe local est prévu pour la transition, en attendant parait il un boeuf. Mais finalement le groupe s'éternise, les participant s'égrainent... Dommage pour ce soir....
Ambiance...
Ce premier soir, c'est en compagnie de photographes que je l'ai passé: l'un professionnel, l'autre amateur. Parler avec ce genre de personnages vous donne l'impression d'être regardé en permanence sous l'angle de vue!! Ils vous dévisage comme s'ils cherchaient à vous cadrer.
La nostalgie du temps les prends...celui où les photographes n'étaient pas la bête noire d'aujourd'hui, où ils étaient bien accueillis et appréciés. Le temps des caves et des orchestres qu'on suivait. Plus la discussion se passait plus je me demandais pourquoi n'étais je pas née en ce temps là....
L'un amateur comblé, l'autre professionnel parfois frustré, mais d'accord sur leur plaisir de l'argentique.... Ayant pourtant un numérique mais cherchant à le rendre aussi performant que leur argentique. Enlevant tous les modules préconçus!
Frustrés de la place qu'on leur réserve sur les concerts. Ici au moins pas de médiatisation à la Marciac, une large fosse où tous les élans peuvent s'exprimer. Et des groupes moins sous pression, même si pas forcément accessible avant le concert. Mais au moins peu (et oui certain l'exige quand même!) de restriction sur le nombre de morceaux où ils peuvent officier!
On les vois à genoux, assis ou en équilibre, cherchant la meilleure prise de vue, saisissant les expressions fugaces, les regards, les sourires.... un plaisir bien souvent rare de nos jours.
A musant de côtoyer ces gens le temps d'une soirée, on apprend beaucoup...
Et au son me direz-vous? Rien à dire, on y retrouve Johnny comme sur le OFF de marciac, toujours impeccable dans son rôle. Toujours aussi chauve aussi!
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