dimanche, juin 22, 2008

Fête de la musique

Le soleil d'une chaude journée embrase les moindres recoins de briques rouges, la ville telle une fourmilière regorge de gens divers et variés.

La place du capitole est encore à cette heure là un point de rendez vous. Se dresse là, la scène de la mairie. Les caméras se mettent en place, les premiers photographes sont aux premières loges dans leur espace aéré au pied de la scène. La foule est chamarée et attend les premières notes pour se faire une idée.

Ce soir c'est un peu un tour du monde musical qui est tenté, la fanfare des balkans et ses costumes bigarrés se réjouit de sa présence sur cette grande scène, pendant que les techniciens s'activent pour les réglages. S'ensuit un duo d'Arnaud Bernard, finalement un peu trop statique sur scène. Le photographe est finalement un peu frustré, il se passe peu de chose.. pas encore de jeux de lumière, pas de vrai jeu de scène, quand à la musique il ne l'entend pas, il baigne dans son univers purement visuel, l'oeil en alerte, à la recherche du fameux instant T. Le brésil rejoint alors le quartier de toulouse, pour essayer d'enflammer la place par une grande ronde. C'est coloré, ça bouge, ça sourit, c'est jolie à voir mais pas facile à figer en image. La fumée volubiles qui devrait permettre de voir les faisceaux lumineux s'échappe au grès des courants du vent sans qu'on puisse la maitriser...

Vient alors le gotta, groupe toulousain parait il... ils sont contents d'etre là mais leur prestation scénique en fait trop... où est l'émotion..?



C'est alors, qu'il faut se mettre en quête d'autre chose, flâner. L'encombrement des rues n'est pas aussi dense qu'on aurait pu le croire, on circule finalement assez aisément.

Quelques endroits semblent plus animés que d'autres, on croise un groupe de catholique regroupant prêtes et jeunes pratiquant sur des textes engagés de foi, à la pointe de la technologie avec leur video projecteur permettant de montrer les paroles. Il émanait de ce groupe une joie communicative, une pensée positive quasi visuelle. Chacun donnant de ce qu'il sait faire : musicien, chanteur ou danseur!
Un peu plus loin les platines détronent les instruments.... pas la peine de s'attarder, rien de spectaculaire à saisir.

La nuit enveloppe les batiments , la chaleur accumulée par la brique semble émaner pour illuminer l'architecture toulousaine.

Au détour du bar Basques, un canon à confettis nous remet dans une ambiance rétro aux sons des guitares des shadow, on a rien d'inventé mais ça fait du bien de la vraie musique!

Les rues s'enchainent, peu de groupes se partagent les trottoirs finalement..



La lune monte, et veille dans son ciel étoilé sur les derniers rêveurs scotchés à leur baffle... dans un état second... proche de la surdité... où les entrailles palpitent au rythme des fréquences basses...

Les nuées humaines, flux et reflux, se croisent, s'entrecroisent, errent sans but, sans contact autre...



Il fut un temps où la fête de la musique était inventive, fugitive, mystérieuse.. on ne savait jamais sur quoi on allait tomber et où on allait dénicher les ptits groupes. Maintenant la ville s'enferme dans une organisation rigide. Tout doit être déclaré : emplacement, horaire... la spontanéité s'efface au profit de la maitrise...
On ne voit plus les rallonges électriques pendant des fenêtres des mécènes d'un soir des ptits artistes du coin. On ne voit plus les musiciens errants avec leur instruments, de boeuf en boeuf pour le plaisir des rencontres et des partages. Tout s'unifie, cette année la mode était... au DJ. Drôle de paradoxe pour la fête de la musique... en viendrait on à dire qu'une platine est un instrument?

Tout change et mute très vite. Même le public. Au final combien sont là réellement pour la musique? Ne reste il de cette pratique que le prétexte d'une soirée de beuverie? une soirée où tout est permis autant l'alcool, que la fumette, que pisser sur les trottoirs ou jeter ses déchets partout?



Au final le son de cette fête de la musique pourrait plutôt se résumer au bruit du verre cassé aux notes enivrées... qu'à une réelle musicalité.

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